Entre terre, mer et îlets de la côte Atlantique
Le Robert est la troisième commune la plus peuplée de Martinique, comptant près de 22 000 habitants (les Robertins et Robertines). Située sur la côte Nord-Atlantique de l’île, cette ville littorale s’étend autour d’une immense baie abritée, considérée comme l’une des plus belles et des plus sûres des Antilles. Célèbre dans tout l’archipel pour ses dix îlets protégés, ses fonds blancs et sa tradition nautique ancrée, Le Robert offre un visage authentique où se mêlent vie maritime, patrimoine agricole et paysages préservés.
1. Histoire et origines de la commune
L’histoire du Robert est étroitement liée à son relief marin exceptionnel et à la protection naturelle qu’offrait sa baie aux navires de passage.
- Origines et fondation : Le secteur était occupé dès l’époque précolombienne par les Amérindiens (Arawaks et Caraïbes). La paroisse fut fondée à la fin du XVIIe siècle, vers 1694, sous la gouvernance du Père Labat. Elle doit son nom au chef caraïbe nommé « Robert », ou selon d’autres sources historiques, à un habitant notable installé dans la baie.
- Le refuge maritime et l’attaque anglaise de 1759 : Grâce à sa configuration naturelle en cul-de-sac protégé par des récifs et des îlets, la baie du Robert servait de refuge aux marins lors des dépressions et des affrontements navals. En 1759, la commune fut le théâtre d’une héroïque résistance de la milice locale face aux tentatives de débarquement des troupes britanniques.
- L’ère de la canne et de la pêche : Tout au long des XVIIIe et XIXe siècles, Le Robert se développe grâce aux grandes habitations sucrières (comme l’Habitation Bord de Mer ou Gaschette) et à la pêche artisanale, qui demeure aujourd’hui encore une activité identitaire majeure de la ville.
2. La Baie et ses dix îlets légendaires
Le joyau incontournable du Robert réside dans son bassin maritime parsemé de 10 îlets, protégés par un vaste récif corallien qui calme les houles de l’océan Atlantique. Cet espace fait partie du Parc Naturel Régional de la Martinique.
L’Îlet Chancel et l’iguane des Petites Antilles
Le plus grand îlet de la Martinique. Outre les ruines d’une ancienne poterie et d’une habitation sucrière du XVIIIe siècle, l’îlet Chancel est mondialement connu pour abriter la plus importante colonie conservée d’iguanes des Petites Antilles (Iguana delicatissima), une espèce endémique strictement protégée.
L’Îlet Madame et ses fonds blancs
Équipé de pontons et d’aménagements en bois pour l’accueil des visiteurs, cet îlet est bordé par des eaux turquoises et un fond blanc de sable corallien d’une transparence exceptionnelle. C’est l’un des lieux de baignade et de pique-nique les plus prisés de l’île.
Les autres îlets de la baie
- Îlet aux Rats et Îlet Petit Piton : Îlets rocheux abritant une riche avifaune marin.
- Îlet Petite Martinique (ou îlet Hardy), Îlet Eau Douce, Îlet Boisseau, Îlet Loup-Garou (isolé vers le large, caractérisé par son banc de sable rose et ses cocotiers) et Îlet Ragot.
3. Culture nautique et tradition des Yoles
Le Robert est l’un des plus grands foyers de la Yole ronde, cette embarcation traditionnelle de pêcheur devenue le sport nautique emblématique et roi de la Martinique (inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO).
- Le Tour de la Martinique des Yoles Rondes : La ville et sa baie constituent une étape phare et spectaculaire de cette compétition annuelle. Plusieurs coursiers et équipages parmi les plus titrés de l’île sont originaires des clubs nautiques du Robert.
- La Pêche artisanale : Le port du bourg et les embarcadères des quartiers bord de mer (comme la Pointe Savane ou Pontaléry) accueillent une flotte active de marins-pêcheurs fournissant quotidiennement le marché local en poissons frais (vivaneaux, thazards, dorades coryphènes) et en lambis.
4. Géographie et diversité des quartiers
Commune vaste (62,3 km²), Le Robert s’articule entre une façade littorale découpée et une arrière-saison verdoyante et vallonnée.
- Le Bourg et le Front de Mer : Le centre-ville s’étire le long du rivage. Il propose un front de mer aménagé pour la promenade, un marché aux poissons très animé le matin et une place centrale ombragée par de grands arbres tropicaux.
- Pointe La Rose et Hyacinthe : Quartiers littoraux situés au sud de la baie, offrant des points de vue panoramiques sur l’océan Atlantique et l’entrée des passes.
- Vert-Pré : Quartier haut perché situé sur les mornes à la limite du Gros-Morne et du Lamentin. Bénéficiant d’un climat plus frais et très ventilé, Vert-Pré possède sa propre église, son marché et une vie de village autonome très vivante.
- Mansarde, Trou Terre et Gaschette : Zones résidentielles et agricoles qui s’étendent dans l’intérieur des terres, entre plantations de bananes, prairies d’élevage et vallons verdoyants.
5. Patrimoine et Équipements Culturels
- L’Église Sainte-Rose de Lima : Située au cœur du bourg, cet édifice religieux reconstruit après plusieurs cyclones conserve une belle charpente et des éléments d’architecture créole.
- La Pagerie et le patrimoine sucrier : Les vestiges de cheminées et de moulins disséminés dans la campagne robertine témoignent de la prospérité des anciennes habitations de la plaine.
- Le Moulin de Pointe Royale : Anciennes ruines historiques offrant un témoignage sur l’ingénierie sucrière du XVIIIe siècle.
6. Fiche Synthétique & Infos Pratiques
| Critère | Détails |
| Statut | 3e commune de Martinique par la population |
| Superficie | 62,3 km² |
| Population | ~ 22 000 habitants |
| Code Postal | 97240 |
| Gentilé | Robertins, Robertines |
| Façade maritime | Côte Nord-Atlantique (Baie du Robert) |
| Incontournables | Îlet Chancel (iguanes), Îlet Madame (fonds blancs), Baie du Robert en yole ou kayak, Quartier Vert-Pré |